Recherche :  Club Ronsard    Club Ronsard  

 

Le Club Ronsard

Pierre de Ronsard (1524 – 1585)

 

 

lettrineierre de Ronsard est né le 10 septembre 1524 au château de la Possonnière (achevé en 1515 par son père) à Couture-sur-Loir (qui se situe près de Vendôme). Il est le fils cadet et le sixième enfant de Louys de Ronsard - chevalier et maître d'hôtel des enfants de France - et de Jeanne Chaudrier.

 

 

 

 

Château de la Possonière >

 

 

 

lettrine u cours de l'année 1533 son père l'inscrit au collège de Navarre. Mais ses résultats étant toujours aussi catastrophiques au bout de six mois, son père fit jouer ses relations pour le faire entrer - à l'âge de douze ans - comme page à la cour de France auprès de nombreux personnages de l'aristocratie. En premier lieu, il prend son service auprès du dauphin François qui meurt trois jours plus tard (il assistera d'ailleurs, en compagnie de son père, au décès et à l'autopsie du dauphin) puis auprès de Charles d'Orléans (le troisième fils de François 1er), enfin auprès de sa sœur Madeleine de France, épouse du souverain Jacques Stuart. Quelque temps plus tard, il la suit en Écosse. Malheureusement, elle meurt peu après de phtisie en mars 1537. Il reste encore un peu en Écosse puis prend le chemin du retour vers la France en passant par l'Allemagne  - où il séjournera, en 1540,  pendant trois mois, chez son cousin humaniste et diplomate Lazare de Baïf ; il assistera en sa compagnie à la diète d'Haguenau. Enfin il traversera la Flandre pour arriver en Alsace où il sera fait écuyer.

 

lettrinees desseins militaires se profilaient pour son avenir. Mais atteint d'otite chronique, il en ressort non sans séquelles. Devenu à moitié sourd, il est obligé de réfléchir à sa nouvelle carrière. En effet, son handicap lui interdit un métier en rapport avec les armes. De retour à la Possonnière, il fait la connaissance de Paul Duc qui lui fera découvrir Virgile et Horace. C'est là que Ronsard commence à imiter, certes sans grande réussite, ces deux hommes illustres en écrivant des vers en latin. Il décide alors de tenter d'écrire en français, et ce malgré la volonté de son père qui désirait l'inscrire à l'université de Paris au cours de la faculté de décrets.

 

lettrinen 1543, Pierre de Ronsard et son père séjournent quelque temps au Mans lors des obsèques de Guillaume du Bellay. Malgré le fait qu’il ne sera jamais prêtre, il reçoit en mars, il reçoit la tonsure de clerc afin de pouvoir percevoir une source de revenus : celle des ecclésiastiques. C'est à cette occasion que Ronsard rencontre pour la première fois Jacques Peletier du Mans, le secrétaire de l'évêque René du Bellay. Il est bon de rappeler qu'à cette époque, entre l'avènement de François 1er et le règne de Charles IX, une inflation de la vie courante fut telle que le coût de toute chose avait été multiplié par six ! Pour la petite noblesse, comme pour les futurs membres de la Pleiade dont fait partie Ronsard, les moyens de trouver de quoi vivre sont de trois types : les bénéfices ecclésiastiques, l'achat d'offices ou bien l'armée.

 

lettrine'année suivante, en 1544, le père de Ronsard décède. Pierre décide alors de partir chez Lazare de Baïf. C'est ce dernier qui arrivera à le convaincre de suivre les cours de grec dispensés par Daurat (ou Dorat) en compagnie d'Antoine de Baïf . Puis, en 1545, c'est au tour de la mère de Ronsard de s'éteindre. Peu de temps après, il fait la rencontre de Cassandre Salviati à Blois. Cette dernière épousera en 1546, Jean de Peigné, seigneur de Pray.

 

lettrinentre temps, Ronsard devient admiratif des œuvres littéraires de Clément Marot et se donne comme défi de devenir l'égal de ce dernier en réalisant la version française des Odes Épicuriennes d'Horace. Cette même année, il demande l'avis de Jacques Peletier du Mans sur ses essais d'odes horatiennes. Ses débuts sont prometteurs. D'ailleurs, la première ode parue de Ronsard intitulée L'Ode à Peletier du Mans se trouve dans l'ouvrage de cet ami édité en 1547. Puis, en 1547, il descend à Paris, au collège de Coqueret. Pendant plus de cinq ans il suit l'enseignement de Jean Dinemandi dit Dorat, poète et humaniste, Principal du collège. C'est là qu'il trouvera tous ceux qui formeront avec lui la Brigade puis - par la suite - la Pléiade. Il s'agit de Joachim du Bellay, Etienne Jodelle, Jacques Peletier du Mans, Pontus de Tyard, Dorat, Jean Antoine de Baïf et Rémi Belleau. Il se retrouve très vite le premier de son école. Rien n'aurait pu laisser prévoir quelques années plus tôt son talent pour les lettres et la poésie. Cette année-là, c'est aussi la disparition de Lazare de Baïf.

 

lettrinen peu plus tard, Ronsard publie en 1550 ses quatre recueils d'odes, qui sont ses premières œuvres.

En 1552, le cinquième livre des Odes est publié en même temps que Les Amours de Cassandre. Ces recueils déclenchent une véritable polémique dans le monde littéraire. Une histoire illustre les rivalités et critiques qui existaient alors : on dit que Mellin de Saint-Gelais, chef de file de l’École marotique, lisait des poèmes de Ronsard, de façon burlesque devant le roi, afin de le dévaloriser. Cependant, Marguerite de France, la sœur du roi qui devint plus tard Duchesse de Savoie, prit à un moment le recueil des mains de Mellin et se mit à le lire, rendant aux poèmes toute leur splendeur. A la fin de la lecture, la salle était sous le charme et applaudit chaleureusement. Mignonne, allons voir si la rose, fait partie des Odes. Ronsard est accepté comme poète. Les deux poètes se réconcilient, comme l’indique le sonnet de Mellin de Saint-Gelais en faveur de P. de Ronsard.


lettrinea gloire est subite et hors mesure. En 1555-1556, il publie ses Hymnes. Il termine ses Amours en 1556 puis, selon la légende il donne une édition collective de ses œuvres à la demande de Marie Stuart, épouse du roi François II en 1560. En 1565, ce sont Élégies, mascarades et bergeries qui parurent en même temps que son intéressant Abrégé de l’art poétique français.

 

lettrinen 1563, poète engagé, il publie une Remontrance au peuple de France, puis une Réponse aux injures et calomnies de je ne sais quels prédicants et ministres de Genève, qui l'avaient attaqué pour sa défense du catholicisme. en 1958 l’Académie des Jeux floraux de Toulouse le récompense, pour une pièce dans laquelle il chantait son aïeul Banul Mãrãcine, accouru des bords du Danube pour porter secours à « France, mère des arts, des armes et des lois ». Le peuple de Toulouse, estimant l'Eglantine, prix des Jeux floraux, trop modeste pour honorer "le poète français", lui envoie une Minerve d’argent massif de grand prix. Ronsard remercie le cardinal de Chastillon, archevêque de Toulouse, qui l’avait toujours admiré, en lui adressant l’Hymne de l’Hercule chrestien.


lettrinee changement rapide de souverains n’altère pas les traitements auxquels a droit Ronsard. Après Henri et François, c’est Charles IX qui tombe sous son charme. Il met même à sa disposition des pièces dans le palais. Ce parrainage royal a eu quelques effets négatifs et le poème épique demandé par Charles IX : La Franciade, n’égale pas le reste de l’œuvre de Ronsard car le choix fait par le roi, le décasyllabe plutôt que l’alexandrin, étaient regrettable. La mort de Charles IX ne semble pas avoir changé les faveurs auxquelles il avait droit à la Cour royale. Mais Ronsard, ses infirmités augmentant, choisit de passer ses dernières années loin de la Cour, alternant ses séjours dans une maison lui appartenant à Vendôme, dans une abbaye à Croix-Val, non loin de là, ou encore à Paris où il est l’invité de Jean Galland, intellectuel du collège de Boncourt. Il avait peut-être aussi une maison en propre au Faubourg Saint-Marcel. Il voyage en Andalousie pendant trois mois, à Cordoue, où il trouve l’inspiration pour son poème Ode à l’Antiquité.

 

lettrinees dernières années sont marquées par la perte de nombre de ses amis et son état de santé s’aggrave. Des souverains étrangers, dont la reine Élisabeth d’Angleterre, lui envoient des présents. Malgré la maladie, ses créations littéraires restent toujours d’aussi bonne qualité et quelques-uns de ses derniers écrits sont parmi les meilleurs. Ronsard ne fit pas l’unanimité et on trouve des poèmes contre Ronsard dans la collection de manuscrits rassemblés par François Rasse des Nœux.

 

lettrineonsard meurt dans la nuit du 27 au 28 décembre 1585 au prieuré de Saint-Cosme, dont il était le prieur ; il est enseveli dans la crypte de l’église, aujourd’hui en ruine. Ronsard était également titulaire de Croix-Val en Vaudomois (paroisse de Ternay) et de Bellozane dans le diocèse de Rouen. Deux mois plus tard, il reçoit un hommage officiel au Collège de Boncourt où ses funérailles solennelles sont célébrées à Paris le 25 février 1586, date anniversaire de la bataille de Pavie. Toute la Cour s’y presse, à telle enseigne que plusieurs dignitaires devront renoncer à y assister ; l’oraison est prononcée par son ami Jacques Du Perron et un Requiem de Jacques Mauduit composé pour l’occasion, est exécuté par l’orchestre particulier du roi.

 

haut de page